Multi-césarisée

Est-ce bien de trophées dont il s’agit dans ce post ? Non, absolument pas et pourtant ce titre me qualifie totalement ! Ce ne sont pas moins de trois césariennes que j’ai subies jusqu’ici. Le terme « subi » me paraît bien choisi car elles n’ont jamais découlé d’un choix. On parle parfois de césarienne de convenance (n’est-ce pas Posh Spice ?), mais dans mon cas, il n’a été question que d’obligation médicale.

Aujourd’hui je me sens spécialiste ès césarienne en tant que patiente. Chacune d’elles a provoqué de grandes émotions en moi et m’a marqué (c’est le cas de le dire) à jamais. Je souhaite partager mon vécu afin d’informer les femmes susceptibles d’en avoir une, d’autant que ces trois opérations ont été différentes en termes de ressenti moral et physique.

Bien sûr une césarienne reste un acte chirurgical qui n’est pas anodin, ni anecdotique. Si certaines d’entre vous sont très sensibles, il vaut mieux qu’elles passent leur chemin : la césarienne n’est pas que du bonheur, mais elle permet d’accéder à beaucoup de bonheur par la suite.

Et une césarienne !

Ma première césarienne a eu lieu dans l’urgence à l’hôpital Trousseau dans le 12ème arrondissement parisien. J’avais appris une semaine plus tôt que mon accouchement devrait être provoqué. Atteinte d’une préeclampsie, avec une hypertension carabinée, je ne pouvais pas porter mon enfant beaucoup plus longtemps. Mon bébé n’avait que 31 semaines, soit 6 mois et trois semaines ! Autant dire que cette nouvelle m’avait tétanisé. Il était véritablement question de ma survie et de celle de l’enfant. Hospitalisée au service des grossesses pathologiques, j’ai donc attendu résignée les symptômes qui devaient m’envoyer directement au bloc : un poids sur la poitrine, des mouches devant les yeux… Cela n’a pas manqué d’arriver et immédiatement j’ai été transférée. Malheureusement j’étais déjà plutôt mal en point du fait de cette maladie redoutable. Complètement paniquée, j’ai demandé si mon mari pouvait m’accompagner ce qui m’a été refusé. Il a dû aller attendre dans le couloir. Une infirmière m’a rasé le bas-ventre en vue de l’incision. 

Je me souviens que la salle du bloc opératoire était toute blanche, très grande et froide. J’étais au milieu allongée, un drap me cachant la partie opérée. Une anesthésiste était présente ainsi que deux internes. Ceux-ci ont commencé à deviser gaiement tandis que l’anesthésiste tournait autour de moi. Assise, j’ai fait le dos rond pour qu’elle puisse y planter l’énorme aiguille de la rachianesthésie. Cela n’a pas été douloureux mais cela a immédiatement provoqué en moi une étrange sensation dans les jambes : comme si celles-ci étaient envahies d’une gelée et de fourmillements.

Une belle cicatrice de césarienne.
Photo Parents.fr

Je ne ressentais absolument aucune douleur mais mentalement, c’était la déroute ! Complètement démunie, j’ai cru à un instant que l’anesthésiste prenait ma main pour me rassurer mais non, elle s’est contentée de prendre mon pouls et l’a laissée retomber. J’ai compris alors que j’étais seule et bien seule : les internes ne me parlaient pas et l’anesthésiste semblait penser que je n’avais pas plus d’affect que la table d’opération ! J’ai pris sur moi et me suis focalisée sur mon bébé. L’interne m’a enfin adressé la parole pour m’annoncer que mon enfant était tout petit mais très beau. Ma crevette d’un kilo a bien vagi, ce que je n’aurais pas cru à un tel stade de prématurité.

Le bébé a été emmené immédiatement après que je l’ai embrassé pour être placé en couveuse. En tout et pour tout, il avait dû s’écouler 5 minutes depuis l’incision horizontale de mon ventre (que je n’ai pas du tout perçue). C’est alors que les internes ont entrepris de me recoudre, ce qui m’a par contre semblé durer infiniment ! Peut-être pas plus d’une vingtaine de minutes, mais je peux vous assurer qu’on a envie de sortir au plus vite du bloc. L’impression est là encore très étrange : on se sent ballotté de tous côtés car les médecins agissent vigoureusement. On ne sait pas exactement ce qu’ils font derrière ce drap blanc mais en tous les cas, ce n’est pas que de la broderie !   

Lorsque les internes ont considéré l’opération terminée, j’ai pu être emmenée en salle de réveil où je suis restée deux jours. J’étais dans un tel état de fatigue que je n’avais de toute manière pas la force de faire autre chose que dormir. Un infirmier m’a lavé et a changé mes pansements. Je ne me souviens pas d’avoir véritablement souffert , les antidouleurs sont efficaces. C’est seulement quand j’ai réintégré ma chambre que j’ai commencé à ressentir les points de suture. J’avais l’impression qu’on m’avait glissé un petit parpaing bien dur à cet endroit ! Me redresser était tout bonnement impossible et je marchais courbée comme une mamie de 95 ans.  

Il a fallu que j’apprivoise la cicatrice. Le médecin avait opté pour des agrafes et la première fois que je l’ai vue, j’ai été prise de dégoût : les morceaux de métal entraient dans la chair tuméfiée qui formait un gros repli de peau violacée. Je ne pouvais pas la regarder et la toucher, n’en parlons pas…La résille de la culotte jetable s’accrochaient aux pointes des agrafes. A la douche, je me contentais de bien faire couleur l’eau savonneuse, puis de rincer et sécher soigneusement pour éviter les infections. Quand l’infirmière m’a annoncé au bout de quatre jours qu’on allait enlever les agrafes en deux temps (ou 3 ? je ne sais plus), j’ai été inquiète : est-ce que la peau de mon ventre n’allait pas craquer ? Est-ce que j’allais avoir très mal ? 

Bien sûr mon ventre a tenu le choc… Par contre, l’infirmière même en faisant attention avec un petit outil spécial, n’a pu empêcher quelques picotements ou tiraillements, mais rien d’insurmontable… J’ai alors essayé d’oublier cette vilaine cicatrice qui faisait bien une bonne dizaine de centimètres de largeur. Mais mal m’en a pris…Je me suis retrouvée avec une cicatrice de type chéloïde, c’est-à-dire dire qu’elle est devenue au fil du temps boursouflée et hyper pigmentée.  

La peine Capitale

De l’eau a coulé sous les ponts depuis mon dernier post. Mes belles résolutions – deux publications par semaine – n’ont pas résisté à ma reprise du travail après dix mois de congés maternité et parental. Noyée par le rythme devenu intense du train-train quotidien, je ne parvenais plus à rassembler mes idées de nouveaux sujets. Jusqu’à hier où – Eurêka – l’évidence s’est faite jour en moi.

Il me faut évoquer auprès de vous le théâtre de mon quotidien professionnel, contexte que j’abhorre souvent, mais qui parvient à m’enchanter encore (parfois) :

Paris

Je travaille dans Paris intra-muros depuis 2006. Soit 13 ans que je fréquente la capitale ! Je n’aurais jamais cru cela possible dans ma jeunesse, mes parents m’ayant bassinée depuis mon plus jeune âge avec les défauts de Paris. Ils y avaient vécu pendant leurs études et en avaient gardé un souvenir déplorable. De ce fait, ils m’ont toujours seriné : la province à tout prix, plutôt crever que vivre à Paris !

La lune de miel

Et pourtant, voilà 13 ans, dans les pas volontaires de mon cher et tendre, j’y posais mes valises, tremblante et curieuse. Et là, bizarrement, j’y ai été heureuse ! J’ai trouvé un travail en adéquation avec mes compétences quatre mois après mon arrivée alors qu’à Nantes, je végétais dans un emploi alimentaire. Ah, le dynamisme économique de Paris est sans pareil !

J’ai vécu pendant trois ans et demi dans le douzième arrondissement, dans le quartier Picpus. Un arrondissement familial, convivial et commerçant, relativement vert grâce à la proximité de la promenade plantée et du parc de Vincennes. Des lieux somme toute plutôt tranquilles ramenés à la cohue habituelle de la cité intra-muros…

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Loin d’être de grands fêtards, nous nous trouvions comme des poissons dans l’eau dans ce quartier bien desservi : nous ne mettions alors pas plus d’un quart d’heure pour aller chez nos employeurs respectifs ! Qui dit mieux, même en province !

Le divorce

 » Avec le temps, va, tout s’en va… » chantait très justement Léo Ferré. Effectivement, au fil du temps, notre plaisir à vivre au cœur de la capitale s’est plus qu’émoussé. Ce qui a contribué en premier lieu fortement à ce désamour fut la vue, ou plutôt devrais-je dire l’absence de vue. En face de notre logement (un charmant bloc d’au moins dix étages) se trouvaient de non moins charmants immeubles, certes moins hauts, mais pas franchement ébouriffants. Le petit parterre de gazon au pied de notre bâtiment ne suffisait plus à calmer notre soif de nature ! Le béton nous sortait par les yeux, nous rêvions de verdure et d’un panorama avec une ligne d’horizon.

Je tombais enceinte de notre premier enfant. Avoir une chambre de plus impliquait une coquette inflation de notre loyer, déjà bien rondelet. Promener un bébé dans ce paysage minéral et pollué ? Très peu pour nous ! Comme bon nombre de parisiens d’adoption, nous choisîmes l’exode en banlieue. Après un petit détour malheureux de 9 mois en première couronne, nous finîmes par poser nos guêtres en grande banlieue où enfin arbres et fleurs avaient droit de citer. Mais depuis…  

Depuis 2010, je me rends chaque semaine dans le 4ème arrondissement parisien pour travailler. Soit 1h15 matin et soir porte à porte. Sans aucun doute mes relations houleuses avec le RER B feront l’objet un jour (de rage) d’un post. 

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Le 4ème arrondissement, me direz-vous, est l’un des plus magiques de Paris ! Je suis entourée de Notre-Dame, de la Sainte-Chapelle, du Marais, de la Tour Saint-Jacques, spots touristiques des plus fameux… Mais aussi d’un nombre de commerces tout à fait prodigieux : les pâtisseries et restaurants les plus courus, les boutiques des marques les plus pointues : tout ce que vous pouvez chercher de désirable s’y trouve (à part l’hyper luxe). La Seine est à vos pieds enserrant les deux îles. Que demande le peuple alors ?

Le réquisitoire

Je demande du civisme et de la bienveillance. Or jour après jour, Paris m’offre :

  • du bruit : les voitures s’agglutinent sur les quais, toujours plus nombreuses. Ronronnement des moteurs, klaxons stridents ; la circulation épuise nos tympans et pas que…
  • de la puanteur : cela sent les pots d’échappement et la pisse, voire pire dans les petites rues à côté de mon travail. Et quand la chaleur ‘en mêle, à moi le pince-nez.
  • de la pollution : les yeux piquent, la gorge est asséchée, on respire moins bien et le mercure monte, monte dès que le soleil pointe le bout de son nez (1 à 2°C de plus qu’en grande banlieue). Le pompon : le nuage de plomb qui a aspergé les environs lors de l’incendie de Notre-Dame et qui menace la santé des personnes à proximité.
  • de la foule : les abords de Notre-Dame sont submergés quotidiennement par des hordes de touristes. Ils traînent, ils encombrent les trottoirs à faire des selfies. C’est moche à dire mais ils me compliquent la vie quand je cours après mon RER le soir.
  • La saleté : des crottes de chien, en veux-tu en voilà… Les pigeons se chargent également de customiser les monuments (et nos manteaux parfois).

Peut-être vais-je vexer quelqu’un à dépeindre un tel tableau, mais je ne crois pas l’avoir noirci injustement. Je vais même enfoncer le clou davantage en évoquant la misère que je côtoie dans ces arrondissements pourtant cossus. Roms, migrants, clodos alcooliques, ils sont tous visibles dans ce quartier sur les grandes artères comme Rivoli. Quand je suis arrivée de Nantes, j’étais extrêmement choquée par toute cette mendicité. Je me suis blindée depuis. Depuis quelques années, le nombre de personnes faisant la manche ou dormant dehors semble avoir augmenté dramatiquement dans la zone.

Paris centre, à mes yeux, c’est l’agression pure des sens. On s’en prend plein la figure, ce qui est usant à la longue. Je subis la plupart du temps mes allers et venues sur Paris.

La trêve

Dans toute cette détestation surnagent encore quelques plaisirs parisiens :

  • Quand je débarque de mon RER le matin à 8h15, la ville s’éveille. Notre-Dame se dresse altière et lumineuse face à son parvis quasi vide (maintenant il est encombré de tentes de chantier). Quand vous rejoignez les quais via les îles et que vous voyez un halo rose embrasser le Louvre, il est difficile de ne pas savourer cette vue de toute beauté.
  • Si j’ai besoin d’un shot de matérialisme, je me rends au BHV (Bazar de l’Hôtel de ville) tout proche. Les rayons rutilent de mille feux. Toute cette perfection m’apaise, même si je passe très rarement à l’achat.
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  • Je ne dédaigne pas une ballade dans le Marais, ce quartier snob mais pourtant accueillant. On y trouve les meilleurs pâtissiers de Paris, toutes les marques imaginables. En clair toutes les marques de mode et cosmétiques moyen/haut de gamme y ont un magasin car c’est un haut lieu de la branchitude. Cela ne m’est pas déplaisant, mais ce que j’y préfère, c’est la circulation quasi inexistante, ses petites rues bien entretenues et le peu de monde en pleine journée. Il vaut donc mieux s’y réfugier et éviter l’axe Rivoli qui présente un aggloméré de tout ce que je hais à Paris.
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  • Dans la palette de mes petits bonheurs parisiens, je demande enfin l’île Saint-Louis exempte de toutes les nuances que j’exècre (à part deux ou trois restaurants qui matraquent les touristes : 4€ la bouteille d’eau plate !). Elle offre de beaux points de vue sur la Seine. Ce qui est rare dans la capitale (à part à Montmartre par exemple), on peut y apprécier de grandes perspectives sur les berges de l’hypercentre et cela dans un calme relatif. Faire le tour de l’îlot me détend les pattes et le cerveau. En son cœur, rien de notable excepté deux glaciers, Amorino et Berthillon, c’est reposant.
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Une relation impossible ?

Actuellement je ne peux apprécier la ville lumière en l’état. Peut-être qu’un jour la voiture en sera bannie ? L’augmentation des véhicules électriques en circulation devrait améliorer les conditions de vie, le bruit et les gaz d’échappement devant alors quasi disparaître. Je ne vois pas comment la foule pourrait diminuer alors que le tourisme mondial explose ! Peut-être que des législations internationales viendront limiter le trafic aérien très nocif pour la planète ?

Si j’habitais sur place, je crois que je serais plus qu’attentive aux prochaines élections municipales. Bien que l’une des villes les plus chères du monde (et les moins vertes !), Paname a encore du chemin à faire pour rendre la vie plus douce à ses résidents et travailleurs.

Il est possible que ce post ait hérissé les plus Paris addicts d’entre vous. Mais tout l’intérêt d’un blog étant la mise en valeur d’un avis très subjectif, je me permets d’être très franche sur mes sentiments à l’égard de la capitale.

Partageons nos points de vue. Vous adorez Paris ? Vous la détestez ? C’est le pourquoi de cela qui m’intéresse…

Fin octobre, la cathédrale est recouverte d’échafaudages.

Je ne suis pas une bonne photographe. Les photos ont été trouvées sur le net. J’en remercie les auteurs anonymes.

Après nous, le déluge ?

Aujourd’hui, j’ai envie d’évoquer un sujet qui me taraude par intermittence. Roulement de tambour : la fin du monde. Vous avez dû noter combien nombreuses sont les catastrophes climatiques, sanitaires, politiques en cours dont les médias se font l’écho actuellement… Bref, on dirait que le monde ne tourne plus rond.

Avant-hier, alors que je me promenais à la Fnac, j’ai remarqué que les best-sellers traitaient tous du désastre susceptible d’arriver à plus ou moins longue échéance : l’un est de Fred Vargas (L’humanité en péril), l’autre écrit par un écolo coiffé à la Francis Lalanne et le troisième par le « collapsologue » Pablo Sevigne (Comment tout peut s’effondrer). Programme réjouissant me direz-vous !

Eh bien, malheureusement, je ne vais pas vous dérider car, peut-être en raison de mon tempérament pessimiste, je pense que ces trois auteurs ne racontent pas que des bêtises. Oui, la fin du monde me semble éventuellement possible au XXI ème siècle. S’il me lisait, mon père se gausserait déjà de mes propos : « Arf, depuis des siècles, il s’en est passé et on est toujours là ». Grand fou des trente glorieuses, eh, eh !

Je ne pense pas à la fin du monde dans le sens où notre planète – BAM – exploserait d’un coup comme du pop-corn dans un micro-onde. Par contre, j’ai peur que les collapsologues aient raison et que le monde tel que nous l’avons connu voit ses jours comptés. En clair, un effondrement de la civilisation, soit lent, soit brutal, selon la catastrophe qui nous tombera sur la tronche : guerres, désordres climatiques, ou encore maladie mortelle. Perspectives glaçantes (clin d’œil à une personne qui se reconnaîtra).

Ce qui m’a mis dans ce charmant état d’esprit récemment est un roman d’anticipation d’une auteur canadienne Emily St-John Mandel : Station Eleven. J’avais lu dans je ne sais plus quel magazine féminin des critiques élogieuses de ce livre finaliste du National Book award en 2014. Il est vrai que le pitch comprenait tous les ingrédients susceptibles d’attirer mon attention.

Suite à une pandémie, l’humanité est quasiment anéantie. Des rescapés tentent de survivre dans un environnement désormais hostile. La Symphonie, une troupe shakespearienne itinérante, tente d’apporter dans les rares poches de civilisation restante culture, réconfort et évasion. Mais chaque bourgade recèle son lot de dangers !


Je résume vraiment dans les grandes lignes le sujet du roman. Effectivement on y suit de nombreux personnages – une star de cinéma, son ex-femme, son ami d’enfance etc. -dont les destins sont entremêlés et cela dans le passé – avant le cataclysme – et après celui-ci (pour ceux qui y survivent !) J’ai vraiment été captivé par l’intrigue et ses multiples rebondissements qui m’ont rendue bien songeuse.

La grande question est : survivrai-je dans un tel cas de figure ? Dans Station Eleven, la grippe de Géorgie élimine 99 % de la population mondiale. Si Ebola débarquait demain à Paris, l’attraperai-je immédiatement ? A ce stade, peu d’inquiétude pour la suite car il n’y en a plus de possible ! Mais si j’apprenais comme dans le livre, via les réseaux sociaux par exemple, qu’Ebola venait de se répandre dans les hôpitaux parisiens, que devrais-je faire ? J’imagine que je planterais mon boulot, volerais le premier vélo venu pour éviter le RER infesté de microbes, et me farcirai une journée à pédaler comme une dératée pour fuir l’agglomération et surtout retrouver ma petite famille chérie. Si cette première tentative de survie réussissait, comment nourrirais-je mes rejetons ? Irais-je piller le Carrefour Market alors que l’anarchie s’emparerait de notre société ? Et VOUS, que feriez-vous ?

Pour ma part, je pense malheureusement que je ne serai pas taillée pour survivre. Je ne sais rien faire d’utile : chasser, construire, fabriquer, se battre… Et je ne cours vraiment pas vite… Que notre société nous enseigne aujourd’hui qui nous permettrait de résister à un cataclysme demain ? Eh bien pas grand-chose. Sans électricité, nous sommes perdus.

En clair, il paraît absolument nécessaire qu’aucun drame mondial n’ait lieu (j’aimerais atteindre la retraite, merci). Si nous n’avons pas beaucoup de prise sur certaines décisions géostratégiques prises par les grands de ce monde, je pense encore que nous pouvons peser chacun à notre échelle dans notre quotidien en essayant d’avoir un mode de vie eco friendly. Tous ensemble, nous pouvons aussi faire passer des messages à nos dirigeants. Qu’on approuve ou non le mouvement des gilets jaunes, il faut reconnaître qu’il a su se faire entendre.

L’Amazonie brûle actuellement, cela interpelle. Imaginons qu’elle disparaisse, quels seront les impacts sur notre planète ? Question terre à terre : manquerons-nous d’oxygène ? Est-ce que cette fameuse fin du monde deviendra palpable ? Je n’en sais rien.

Source photo : lavoixdunord.fr

J’espère que ce post ne vous a pas mis le moral dans les chaussettes. Même si j’ai du vague à l’âme de temps à autre (les images de l’Amazonie en feu), je suis convaincue que notre magnifique planète peut être préservée et transmise à nos enfants car elle comme nous avons une immense capacité de résilience.

Si vous redemandez de l’atmosphère post-apocalyptique, voici deux suggestions de lecture :

  • En un monde parfait de Laura Kasischke
    Une grippe mortelle décime la population mondiale. Une hôtesse de l’air qui vient juste d’épouser un séduisant pilote de ligne se retrouve assignée à résidence avec les marmots de celui-ci, peu accueillants avec cette jeune belle-mère. 
    Cela commence comme un Harlequin pour tourner au drame psychologique quand le pilote disparaît.
  • La route de Cormac McCarthy
    Un père et son fils errent dans un monde ravagé, pollué, invivable, hanté par des cannibales.
    Une claque magistrale : je ne me suis jamais remise de ce livre qui m’a effrayé au plus haut point. La fin m’a fait pleurer comme une madeleine. Un roman magnifique mais à éviter aux âmes sensibles.
    Un film a été tourné avec Viggo Mortensen. Ne comptez pas sur moi pour le voir.

The milky way (ou allaiter)

S’il est bien un sujet qui ne laisse pas indifférentes les femmes, c’est l’allaitement. Chaque fois qu’il est arrivé sur le tapis lors de nos pauses, mes jeunes collègues ont poussé les hauts cris, souvent dégoutées par l’idée de ce contact très intime avec leurs futurs bébés. Il est vrai qu’à notre époque le sein est extrêmement sexualisé, ce qui pourrait faire croire que la nature en a doté les femmes pour le simple agrément des hommes. Le sein a même été tellement érotisé que pour beaucoup voir un enfant téter sa mère est tout bonnement indécent.

En toute honnêteté, avant d’être mère, l’idée d’allaiter ne m’emballait guère. Mais la suite des événements a décidé de cela pour moi.

Débuts contrariés… et contrariants

Effectivement en 2008, au bout de 6 mois et trois semaines, du fait d’une prééclampsie, j’accouchais en urgence d’une enfant prématurée. Epuisée, un peu déprimée, j’essayais de créer du lien avec mon bébé, hospitalisé dans un service de réanimation.

J’ai connu alors une véritable pression du personnel médical pour que j’allaite mon enfant. Les sages-femmes insistaient sur le fait qu’un prématuré a besoin de lait maternel : il fallait donc que je tire mon lait avec un tire-lait électrique pour lui en apporter chaque jour, jusqu’à ce que ma petite ait la force de téter elle-même. Ses premières semaines de vie, il lui était injecté directement dans l’estomac grâce à une sonde. Une machine avait donc été louée dans une pharmacie (la location est remboursée par la sécu) et je me suis échinée jour après jour pendant un temps qui me paraissait infini, pour obtenir un fond de biberon.

Je trouve ces machines franchement désagréables à utiliser : la succion de la ventouse me faisait vraiment mal, le bruit du moteur agaçait mes tympans et la vision de mes mamelons déformés par cette sorte de traite me parut très rebutante. Une semaine, deux semaines et pour quasiment rien ! Piteusement je ne ramenais pas plus de 30 ml chaque jour…

Les sages-femmes m’encourageaient à continuer alors que l’utilisation de cette machine me crispait chaque jour davantage. Effectivement les bébés prématurés ne peuvent pas boire de lait industriel au début, leur estomac ne le supporte pas. C’est donc un lactarium, collectant les dons de lait de femmes en produisant beaucoup, qui fournit aux petits prémas « du lait de femme ». Il faut savoir que la taille de la poitrine n’a rien à voir avec le volume produit : dans la salle du service néonatologie dédiée « au tirage de lait », j’avais rencontré une mère qui se désolait de produire très peu, elle qui avait pourtant une poitrine plus que généreuse !

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Un soir, la puéricultrice m’a mis ma fille au sein qui, bien que minuscule, s’est mise à téter avec force. J’ai eu alors l’espoir qu’un allaitement naturel me permettrait de produire désormais assez de lait. Mais étrangement la petite n’a jamais recommencé par la suite quand on a réitéré l’essai.

A bout de nerf, j’ai fini par rendre cette fichue machine. Heureusement ma fille s’est vite faite au lait industriel qui lui a été introduit environ deux mois après sa naissance. J’ai très longtemps culpabilisé de ne pas l’avoir allaité. Pas tant pour la symbolique mais pour son immunité. J’avais lu à plusieurs reprises qu’un enfant allaité bénéficiait des anticorps de sa mère pendant un certain temps. Comme mon bébé a ensuite enchaîné les bronchiolites… Or dans le livre « Bébé, dis-moi qui tu es », le docteur Philippe Grandsenne remet en question cette croyance. Bizarre car sur internet des articles de sources sérieuses indiquent l’inverse.

Ma deuxième expérience de l’allaitement m’a fait comprendre que je n’avais pas eu de montée de lait suite à mon premier accouchement, je n’obtenais jamais de ces séances de traite que du colostrum qui est le liquide précédant le véritable lait. J’avais sans doute été trop en miettes physiquement suite à cette grave maladie de grossesse. Bref, cela avait été un coup d’épée dans l’eau…

Lait lait land

Ma seconde grossesse s’est déroulée sans problème, si ce n’est une seconde césarienne. J’étais décidée à tester l’allaitement. Si cela ne me plaisait pas, j’arrêterais tout simplement. Là, miracle ! J’ai découvert le « plaisir » de la montée de lait… La poitrine en feu, les seins au bord de l’explosion. Je sentais même sous la peau les glandes mammaires formant comme des boules.

Les premiers temps ont été rudes du fait de crevasses : la peau fine et fragile des mamelons est alors craquelée, saignotte, attaquée par la salive et les gencives du bébé. Cela fait un mal de chien ! La sage-femme qui avait accompagné mon retour à la maison m’a indiqué alors la crème à la lanoline de Lansinoh qui a réglé définitivement mon problème. Tous les jours (une fois pour moi), il faut appliquer consciencieusement ce produit sans aucun goût mais à la texture très grasse sur le bout des seins.

Ma fille étant très goulue, elle tétait vigoureusement et j’avais donc beaucoup de lait ; j’ai pu proposer un allaitement exclusif à mon enfant. Le lait vient à la demande du bébé. D’après les témoignages de mon entourage, certains petits ont apparemment du mal à téter, tandis que certaines mamans ne produisent pas suffisamment ou ont des mamelons plats, pas adaptés à la tétée, ce qui oblige à passer au biberon.

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Pendant les trois premiers mois de vie de ma cadette, l’allaitement a été un pur bonheur. Elle dormait dans notre chambre et n’avait pas besoin de pleurer pour que je la prenne. Mon sommeil étant très léger, je la mettais au sein dès qu’elle commençait à s’agiter dans son berceau. Tranquillement allongée dans mon lit, je l’allaitais des deux côtés puis la remettais déjà endormie dans son lit gentiment. Et le tour était joué… Pas besoin d’aller à la cuisine chauffer un biberon en pleine nuit ! J’avais détesté les préparatifs pour mon aînée à 3h du matin, seule avec moi-même (surtout quand le bébé hurle à côté).   

Comme je recommençais le travail quatre mois après sa naissance, j’ai préféré arrêter : je ne me voyais pas tirer mon lait (très mauvais souvenirs de l’engin). J’avais d’ailleurs une collègue qui l’a fait entre midi et deux dans la salle de détente pendant une année et qu’est-ce que j’ai pu entendre de moqueries à son encontre venant d’ailleurs aussi bien d’hommes que de femmes ! La pauvre, elle ne faisait jamais que ce qui lui semblait le mieux pour son enfant et cela ne regardait qu’elle.

Quel bilan positif : un bébé grassouillet qui n’a jamais été malade les mois suivants (aucune maladie bronchique, ni ORL), aucune prise de poids pour moi suite à cette seconde grossesse, et surtout des moments de tendresse à profusion ! Seul bémol peut-être côté paternel : ma petite n’avait alors qu’une passion dans sa vie, moi !

Doublé mixte

A quarante ans bien sonnés, j’ai été mère pour la 3ème fois en décembre dernier. Huit ans s’étaient écoulés depuis ma seconde grossesse et j’avais sans doute un peu idéalisé ma dernière expérience d’allaitement : j’étais donc absolument convaincue qu’il fallait remettre ça. La montée de lait n’a pas déçu mes attentes : Pamela Anderson n’avait qu’à bien se tenir (et Lactalis aussi). Mais contrairement à ma précédente expérience, je souffrais tellement de cette explosion lactée que je fus obligée de louer un tire-lait pour ôter le trop plein. En 8 ans, aucune amélioration technologique n’a révolutionné ces machines ! Mais au bout d’une semaine de nuits blanches, maman bien mûre, je n’avais plus du tout les yeux en face des trous et commençais en clair « à péter un câble » ! Mon mari me proposait alors de gérer le soir pour que je puisse dormir en début de nuit. Nous avons donc débuté l’allaitement mixte.

Souvent on nous met en garde comme quoi le bébé risque de se détourner du sein car le débit est moins important que celui du biberon et lui demande donc plus d’efforts de succion. Pour ma part, l’alternance biberon / sein n’a posé aucun problème, la petite (et oui encore des œstrogènes dans la famille) prenant autant l’un que l’autre. Cela avait ses avantages car je pouvais alors lui donner le biberon dans des endroits où donner le sein ne me mettait pas à l’aise : salle d’attente, soirée chez des amis, etc. Cela a permis à mon mari de créer du lien avec sa fille, yeux dans les yeux, soir après soir. Quant à moi, je pouvais quitter la maison pour vadrouiller seule (la liberté !)

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Cependant, pendant ces 8 mois pleins d’allaitement, j’ai connu quelques moments d’angoisse. Les seins au début de l’allaitement sont très tendus, presque durs sous les doigts. J’avais d’ailleurs des écoulements de lait spontanés parfois très abondants. Mais au fil des mois, ma poitrine est devenue plus souple. Je n’avais plus l’impression que le lait coulait à flot. Ma fille avait-elle suffisamment ? Elle ne pleurait pas, semblait repue mais, n’ayant aucune idée des volumes ingérés, je ne pouvais m’empêcher d’être inquiète. Le médecin m’a rassuré en me montrant la courbe de croissance qui était bien continue. En clair, un enfant qui ne pleure pas a son content de lait.

Souci bien réel cette fois, j’ai eu des galactocèles ou « kystes de lait ». Certains se résorbent d’eux-mêmes (la posture de la louve peut aider : pensez à Romulus et Rémus !) mais ce n’est pas toujours le cas. J’avais senti une boule sous la peau qui m’avait immédiatement tétanisé, moi qui suis hypocondriaque. Le gynécologue n’était pas inquiet mais il a préféré m’envoyer faire une échographie. Celle-ci a révélé une grappe de kystes de lait, tout ce qu’il y a de plus anodin. Elle devait se résorber à la fin de la période d’allaitement. Les kystes de lait peuvent être dus à une mauvaise position d’allaitement ou à un soutien-gorge mal ajusté.   

Je vais clore le chapitre de mes mésaventures de mère martyre (mdr) en me remémorant ces quelques nuits de désespoir quand ma fille avait décidé de ne pas lâcher le sein. Je peux vous assurer qu’au bout de deux heures avec la petite ventousée à mon mamelon, j’étais au bord de la crise de nerfs, de larmes, de tout… Dans ces cas-là, on se retrouve relégué au rang de grosse sucette destiné à détendre bébé. Dur quand il est 3h du matin. Heureusement cela ne s’est pas répété trop souvent.

Au rayon « Equipement »

L’un des avantages indéniables de l’allaitement est son coût ridicule comparé au biberon. Dans mon cas, j’ai donc acheté en 8 mois deux crèmes contre les crevasses : la crème HPA Lanoline de Lansinoh (attention, certaines pharmacies la vendent terriblement cher par rapport à Amazon), puis la lanoline végétale de Dodie, vendue en parapharmacie. Les deux produits m’ont parfaitement convenu. Je me suis aussi offert trois soutiens-gorges d’allaitement.

A ce sujet :

N’achetez pas sur internet votre soutien-gorge ! J’ai fait l’erreur d’y acquérir une brassière d’allaitement qui me compressait la poitrine et me blessait les épaules avec des bretelles trop rigides. Les deux autres soutiens-gorges que j’ai acheté en magasin ont été confortables comme ils me l’avaient semblé lors des essayages. Ceux-ci sont de la marque allemande Anita qui est spécialisée dans ce domaine. Pour être franche, ils ne sont pas vraiment jolis. Par contre, le système d’ouverture est très solide et pratique (il va être hyper sollicité et supporté le lave-linge), la micro-fibre toute douce ce qui est important pour la peau fragile de bébé et lors des premières semaines de montée de lait ; la fibre est très élastique, une vraie nécessité quand votre poitrine prend un bonnet entre le matin et le soir. Ils ont été de fidèles compagnons pendant ces mois de maternage.

Dernière réflexion ô combien essentielle sur le vestiaire de la femme allaitante. J’ai pu remarquer qu’il était parfois tout à fait superflu d’investir dans des vêtements dédiés à l’allaitement. Parfois les marques conçoivent des habits très mal coupés avec des bandeaux de tissus dans tous les sens : on ne pige pas où doit sortir le sein, la coupe n’est pas avantageuse avec toutes ces épaisseurs. Il me paraît plus judicieux d’acheter des vêtements lambda qui s’ouvrent facilement et discrètement sur la poitrine, ou se soulèvent. Ils seront portables par la suite. Je déconseille effectivement totalement le fourreau en lycra moulant qu’il va falloir retrousser à l’arrachée chez papy et mamie pour nourrir votre poussin, ah aha !  

Je crois avoir fait le tour de ce sujet à l’heure où, un petit pincement au cœur, je sèvre ma pitchoune. Ces moments de vie sont révolus car les grossesses sont de l’histoire ancienne pour moi maintenant. Cela m’a fait plaisir de pouvoir partager mon ressenti sur ce choix qui m’a apporté beaucoup de joie auprès de mes enfants. Je respecte le fait que d’autres n’aient pas cette envie. Ce post n’a rien de militant. J’aimerais savoir ce que vous pensez de l’allaitement, expérience vécue ou non. Peut-être avez-vous des anecdotes positives ou négatives ?

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La minute intello, quelques chiffres glanés sur le net :

  • 68,1 % des nouveau-nés ont été allaités en 2016 en France.
  • 6 mois : durée d’allaitement préconisé par l’Organisation mondiale de la Santé.
  • 3 mois : durée moyenne d’allaitement en France.
  • 1 enfant sur 4 est allaité jusqu’à ses 6 mois.

Et un peu de lecture : http://sante.lefigaro.fr/article/vrai-ou-faux-10-idees-recues-sur-l-allaitement/

Une France en totale mutation

Loin de moi l’idée de me prétendre critique littéraire ou encore moins érudite à l’image d’un universitaire. J’ai juste l’ambition avec ce post de faire connaître un livre qui est sorti il y a peu et qui, selon moi, apporte dans un langage clair un éclairage sur l’état actuel de notre douce France. Il s’agit de « L’archipel français – Naissance d’une nation multiple et divisée » de Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’IFOP.

J’avais repéré l’ouvrage en tête de gondole dans le rayon « Actualité/ société » d’un magasin Cultura. Sa 4ème de couverture m’avait vraiment interpellé, moi qui me pose de nombreuses questions sur la marche de notre pays depuis la fameuse crise des gilets jaunes. En capitales était inscrit sur un large bandeau rouge en couverture : Où allons-nous ? J’avais vraiment envie d’avoir une réponse à cette interrogation.  

Vous pouvez lire l’intégralité du texte de la jaquette sur le site Babelio (et les commentaires de lecteurs).

En 379 pages, Jérôme Fourquet établit un diagnostic de l’état de la société française. Celle-ci est divisée pour de multiples raisons. Il ne m’est pas possible de vous les détailler – d’autant plus que là réside l’intérêt de lire l’ouvrage complet- mais je vais vous les introduire brièvement. La fracturation de la société française est due en partie à la perte d’influence quasi-totale de l’église catholique en France et du parti communiste. L’opposition entre ces deux « pouvoirs » créait une tension structurante qui n’est plus. L’évolution des modes de vie a aussi son importance : entre autres, la transformation du cadre familial (famille monoparentale, mariage homosexuel etc.), le peu de crédit accordé par des pans de la population aux grands médias aujourd’hui, l’esprit individualiste des nouvelles générations…   

Mais le fait majeur de notre époque en France est l’absence réciproque de compréhension des différentes strates sociales  : en clair les élites ne comprennent plus les classes populaires et inversement. Pire, elles vivent chacune l’une à côté de l’autre, mais n’ont plus le désir d’avoir un destin commun. Un exemple pour corroborer cette affirmation : l’évitement scolaire expliquant le succès de l’enseignement privé ; les classes aisées ne souhaitent pas que leur progéniture évolue avec des enfants de milieux moins favorisés.

Jérôme Fourquet revient ensuite abondamment sur la dernière élection présidentielle qui est une marque visible de cet éclatement de la société française. Emmanuel Macron a été le candidat des métropoles et des classes éduquées tandis que Marine Le Pen était plébiscitée par les habitants des territoires en difficulté. Selon l’auteur, les électeurs éduqués confiants en leurs perspectives dans une économie mondialisée ont appuyé Emmanuel Macron, son libéralisme affiché et sa volonté de réformes, tandis que les électeurs moins éduqués plus angoissés par des lendemains à leurs yeux peu chantants (plus de chômage, d’immigration, de désindustrialisation etc.) ont opté pour le cadre « protecteur » proposé par Marine Le Pen.

Bref, on comprend que les besoins et aspirations des uns et des autres ne sont pas les mêmes, voire à l’opposé. Comment à l’avenir parvenir à les concilier pour que la nation française soit soudée et motivée par un destin commun ? J’aurais bien aimé que Jérôme Fourquet réponde à cela, mais légère déception, ce n’est pas dans ce livre-là qu’on aura des scénarios de prospective. L’auteur en propose bien trois possibles mais en une vingtaine de lignes. Le bandeau rouge « Où allons-nous ? » est juste une technique marketing de son éditeur pour interpeller.

N’allez pas croire que ce livre ne m’a pas plu. J’ai trouvé que Jérôme Fourquet ne noyait jamais le lecteur mais au contraire établissait des constats de manière très accessible, appuyant ses propos par des graphiques, des cartes, de nombreuses statistiques. Son idée n’est pas de polémiquer mais d’exposer des faits de manière totalement objective. Si plusieurs fois, l’auteur rejoint les conclusions du géographe Christophe Guilluy (dernier ouvrage : No Society. La fin de la classe moyenne occidentaleFlammarion, 2018), il ne donne jamais son sentiment personnel contrairement au précédent, qui prend clairement parti pour les classes populaires.

Je ne donnerai pas non plus mon point de vue sur la question car je ne suis pas qualifiée pour cela et je ne blogue pas pour polémiquer. J’espère avoir rendu justice à ce livre que je vous incite à découvrir. Très instructif, il donne quelques clefs pour comprendre les bouleversements connus par notre pays et qui indubitablement nous concernent tous.    

Game over

[ATTENTION SPOILER] Depuis 2011, nous suivons fébrilement les déboires des nobles familles de Westeros. Huit ans que plusieurs générations ont tremblé pour Jon Snow et Danaerys Targaryen ! La dernière saison diffusée en avril dernier (j’ai un train de retard) a concentré toutes les attentes de millions de fans et le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’a pas fait l’unanimité. Une pétition ayant réuni 1,7 millions de signatures a exhorté HBO de retourner la fin de la série mythique. Demande bien sûr repoussée par ses producteurs.

Photo Droits réservés Derniers échanges avant la fin

Connaissant la polémique autour de la conclusion de GOT, je m’attendais donc à huit épisodes bâclés menant au jeu de massacre final. Mais pour ma part, GOT a tenu ses promesses de bout en bout. Oui, j’ai été déçue par certains choix scénaristiques ; oui, j’ai trouvé que l’on nous menait au point d’orgue un peu vite. Mais comme par toute œuvre, il faut accepter d’être dérouté, voire heurté au final.

[SPOILER] L’assassinat final de Danaerys par Jon a été dur à avaler. Elle était clairement LE personnage que je préférais depuis le début de la série et je ne suis sans aucun doute pas la seule dans ce cas. Que les scénaristes aient décidé de rendre son personnage plus que sombre est après tout un ressort dramatique comme un autre. On peut leur reprocher d’avoir dévoilé l’ampleur de sa part obscure un peu trop brusquement en l’espace de seulement deux épisodes. Quelques indices tout du long de la 8ème saison, voire avant, auraient été les bienvenus. Ils auraient pu également développer autour de la folie paternelle qui lui aurait été transmise. Bref, de jeune femme idéaliste au cœur pur, Danaerys est devenue à la fin de GOT un tyran sanguinaire.

Que Jon ait été le meurtrier de la reine dragon est aussi difficile à accepter. L’homme fort de la série, fou d’amour en début de saison, se résout à supprimer la belle quand il constate, effondré, son manque d’empathie lors de sa destruction totale de Port réal. Je suppose que le metteur en scène a voulu faire durer un maximum cette scène pour démontrer aux spectateurs jusqu’ici tout acquis à Dany l’horreur dont elle est capable. A mes yeux, cette complaisance dans ces visions de violence n’est pas totalement suffisante pour justifier le retournement express de Jon (ni même sa petite conversation avec Tyrion prisonnier).

Ces petits doutes émis, je suis parfaitement satisfaite de la mort des jumeaux maudits, Cersei et Jamie, somme toute très romantique : enlacés, les yeux dans les yeux. La grande méchante de la série aurait pu connaitre bien pire, un arrachage de tête en règle par la Montagne par exemple. Quant aux autres nombreux trépas ayant eu lieu en cette ultime saison, ils ont été bien amenés et sont souvent logiques (Ser Jorah, Lord Varys, etc.).

La direction artistique a fait un travail remarquable lors des ultimes scènes montrant les derniers moments de Danaerys : les images sont absolument de toute beauté, avec la cendre s’égrenant comme de la neige, un mince filet de sang pourpre s’écoulant sur son visage blanc. Peut-être que symboliquement la vision finale du dragon s’éloignant avec le corps de la jeune femme dans ses serres aurait été plus forte que les scènes suivantes, mais cela aurait laissé beaucoup trop de questions en suspense et engendré une immense frustration…

Les Stark, très éprouvés lors des toutes premières saisons, sont les grands gagnants de GOT : Bran roi des terres du sud, Sansa reine du nord. Jon ne s’en sort pas si mal : gageons qu’il refera sa vie avec une fougueuse sauvageonne.

Kit Harington, son séduisant interprète, est passé à toute autre chose : après quelques films peu mémorables (Pompei !), il a tourné dans le dernier Xavier Dolan un rôle plutôt trash. Pour l’instant, pas de grands projets à l’horizon.

Emilia Clarke (Danaerys) s’est illustrée dans un film de la licence Star Wars et dans une comédie romantique larmoyante que j’ai absolument adorée (j’assume) : Avant toi. Plus récemment elle a tourné Above suspicion, bien noté sur IMDB mais dont la sortie n’est pas prévue en France.

Agés tous les deux de 33 ans, Kit et Emilia ont encore la possibilité de développer une carrière au cinéma ou tout simplement de rester de méga stars de la télé.

Je parie également sur Sophie Turner (Sansa) qui à 23 ans, aidée par un physique somptueux, explose (dans tous les sens du terme) actuellement sur les écrans dans Dark Phoenix.

Pour les acteurs moins jeunes de GOT, ça va être plus compliqué ! Mais il n’y jamais eu autant d’opportunités de rôles originaux que depuis le raz de marée actuel de séries made in Netflix, HBO, ou encore Amazon.

Que nous mitonnent d’ailleurs ces chaînes ambitieuses comme séries de fantasy ?

Amazon est en train de finaliser une série autour de l’univers du Seigneur des anneaux, prête en l’occurrence en 2020. Netflix diffusera en décembre The Witcher avec Henry Cavill dans le rôle titre. Et enfin, HBO, last but not least, finaude, va capitaliser sur le succès de GOT et nous offrir un spin off Bloodmoon se déroulant bien avant la naissance de Jon et consorts. Que de bons moments sanglants en perspective…

Show must go on !

Canicule un jour…

Canicule toujours ? Premier post, premier marronnier…

L’année dernière, à la même période, enceinte de 5 mois, j’affrontais la fournaise jour après jour pour aller bosser à Paris. La température ressentie dans le RER avoisinait les 40° et mon cerveau en surchauffe menaçait d’exploser. J’interrogeais mon gynéco sur les risques que me faisait encourir cette chaleur d’enfer. Celui-ci me répondit : « Comme tout le monde, mettez-vous au frais et tenez vous tranquille ». Cette immense empathie ne me permit donc pas d’échapper à des déplacements incessants dans les rames de la RATP transformées pour l’occasion en sauna gratuit.

Cet été, il semblerait que de nouveaux records de température soient à attendre. 81 départements en vigilance orange ! Le plan canicule mis en place par le ministère de la Santé doit permettre aux publics les plus fragiles – personnes âgées, enfants et handicapés – d’être mis à l’abri. Ce dispositif est en place depuis 2004. En août 2003, pas moins de 15 000 personnes étaient décédées suite à un premier épisode caniculaire majeur ! En 2018, c’était 1600 morts qui étaient à déplorer. Certes, c’est encore trop, mais du chemin a été parcouru. Vu la multiplication des canicules due au réchauffement climatique, beaucoup reste encore à faire pour protéger les populations. De nombreuses professions sont encore obligées de travailler dans des conditions déplorables pour leur santé. Je pense notamment aux gens du bâtiment.

J’allais conseiller à tous de se sauver en Bretagne pour s’y mettre au frais, mais ô surprise, celle-ci a aussi connu un pic à 40° ! Séjournant actuellement aux Saisies, charmante station alpine, nous profitons d’un temps estival mais sans excès : dans ses forêts de résineux ou ses champs fleuris, on profite d’une température agréable de 25° environ. Lorsque nous avions opté pour les sommets, nous n’avions pas songé à la canicule, mais nous ne manquerons pas de prendre en compte ce critère les prochaines années. Comme on dit : »La montagne, ça vous gagne »…